Le réflexe tonique asymétrique du cou et les troubles des apprentissages

 

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Les réflexes archaïques sont des schémas neuromoteurs réflexes, dont l’influence est censée disparaître au cours de la première année de vie du nourrisson. Pour diverses facteurs intrinsèques et/ou extrinsèques, certains réflexes ne s’intègrent pas entièrement. Dans cet article, nous décrirons le lien entre ces réactions motrices immatures et les troubles des apprentissages, et les références scientifiques actuelles sur le sujet.

Définition des troubles des apprentissages

Selon l’OMS, les troubles des apprentissages sont des troubles permanents d’origine neurophysiologique qui affectent l’acquisition, la compréhension, l’utilisation et le traitement de l’information verbale ou non verbale. Les troubles des apprentissages sont à différencier de difficultés d’apprentissage passagères. Les troubles des apprentissages incluent : 

– les troubles dys (dyslexie, dysgraphie, dyscalculie, dysorthographie, dyspraxie)

– les troubles de l’attention avec ou sans hyper activité

– Autres troubles de la lecture, de la compréhension et des mathématiques.

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Le réflexe tonique asymétrique du cou n’explique pas à lieu seul le développement de troubles des apprentissages, certains enfants l’ont d’ailleurs parfaitement intégré. Mais pour la plus part, la non intégration de ce réflexe archaïque joue tout de même un rôle crucial dans le développement de ces troubles des apprentissages.

Le réflexe tonique asymétrique du cou

Le réflexe tonique asymétrique du cou (RTAC) est une réaction motrice qui permet au nourrisson de coordonner de façon réflexe le mouvement de sa tête au mouvement de ses bras. Lorsque le bébé tourne la tête à droite, ses bras viennent dans la position de l’escrimeur, le membre supérieur droit s’allonge tandis que le membre supérieur gauche se fléchit. Lorsque le nourrisson développe un RTAC de façon harmonieuse, il passe d’un côté à l’autre de façon fluide, facile, il n’a pas de préférence pour l’un des deux côtés. En langage kiné, nous disons alors qu’il alterne les asymétries et les champs visuels. Il explore l’espace à 180° : celui de son corps, et celui autour de lui.

Le réflexe tonique asymétrique du cou joue un grand rôle dans la maturation de la vision. En effet, le nourrisson naît avec une vision binoculaire immature, et ses expériences sensori-motrices précoces vont contribuer à la maturation de cette vision.

https://doi.org/10.1016/j.rfo.2020.05.009

Il existe différents stades d’atypies de maturation de cette vision binoculaire, l’anomalie la plus sévère étant l’amblyopie : le cerveau ne traite alors l’image que d’un seul œil.

 

Le réflexe tonique asymétrique cou est normalement censé s’intégrer vers l’âge de 4 mois, c’est à dire que le nourrisson peut alors dissocier volontairement le mouvement de sa tête de celui de ses membres supérieurs : la position de la tête n’influence plus le tonus des ses bras.

Pour diverses raisons, parfois ce réflexe tonique asymétrique du cou se manifeste de façon atypique : c’est le cas chez les nourrissons affectés d’un torticolis congénital, ou chez ceux développant une plagiocéphalie. Le nourrisson va alors développer une rotation préférentielle qui va influencer la maturation du réflexe archaïque. L’une des deux mains sera souvent oubliée derrière l’axe du corps, moins investie sensoriellement.

 

Liens entre les réflexes archaïques et les troubles des apprentissages

Un réflexe tonique asymétrique du cou non intégré à l’âge scolaire s’évalue facilement : l’enfant est placé à 4 pattes les yeux fermés les deux coudes déverrouillés. Le praticien tourne la tête de l’enfant d’un côté et de l’autre et observe si l’enfant fléchit le coude controlatéral à la rotation de la tête. Lorsque le réflexe est encore actif, l’enfant n’arrive pas à tourner sa tête (activement ou passivement) tout en préservant le tonus de ses membres supérieurs : la dissociation tête / membres supérieurs n’a pas suffisamment mûrit.

C’est le réflexe à tester en priorité dans différents troubles car sa non intégration affecte toutes les coordinations globales du corps:

– dyslexie

– dyspraxie

– dysgraphie (d’autres réflexes seront bien sur impliqués au niveau de la main également)

 De nombreux travaux ont étés réalisés sur la Dyslexie. J’ai notamment retrouvé plusieurs articles écrits par le Dr Mc Phillips avec entre autre une étude randomisée qui établit un lien la non intégration du réflexe tonique asymétrique du cou et la dyslexie.

https://doi.org/10.1016/S0140-6736(99)02179-0

https://doi.org/10.1016/j.neuropsychologia.2006.08.005

D’autres études non randomisées ont été menées sur les enfants scolarisés et ont mis en évidence une corrélation entre l’évaluation de l’intégration (ou non) des réflexes archaïques et les résultats aux tests psychomoteur usuels (doi: 10.5114/aoms.2016.60503). Mais également auprès des enfants avec TDAH, une étude menée aux Etats-unis révèlent des compétences en mathématique et compréhension orale d’autant plus faible que les réflexes archaïques restent actifs (doi: 10.3389/fpubh.2020.431835).

Ces études restent encore peu nombreuses, et ne respectent pas encore tous les critères nécessaires pour être randomisées. Une étude à plus large échelle est actuellement menée en Espagne, qui se terminera en 2026.

 

Pour finir, voici une vidéo qui vous propose quelques mouvements d’intégration pour le réflexe tonique asymétrique du cou. Ceci n’est évidemment qu’un très faible échantillon de tout ce que nous voyons en formation.

Consulter le programme de la formation : 

Intégrer les réflexes archaïques auprès de l’enfant de 2 à 7 ans.