2 septembre 2026 · Rebecca Bardet
Vous cherchez un repère rapide face à un nourrisson agité, un enfant maladroit ou un adulte douloureux ? Un tableau réflexes archaïques situe, pour chaque réflexe, une fenêtre d’apparition, une période d’intégration attendue et des signes d’appel utiles à l’observation et à la communication interprofessionnelle.
En bref : Le tableau ci-dessous rassemble 7 réflexes clés (apparition, intégration, signe d’appel). Il répond aussi, de façon pratique, à la question « quels sont les 7 réflexes archaïques » à connaître et évaluer en rééducation sensorimotrice. Ces tests et évaluations s'intègrent et ne remplacent en aucun cas un examen standardisé et une analyse fonctionnelle.
Avant de lire le tableau : comment s’en servir
Objectif : fournir un outil de tri. Pour la logique sensorimotrice complète, reportez-vous au guide principal : réflexes archaïques et développement sensorimoteur.
Principes rapides d’utilisation
Âges = repères : tenir compte de la prématurité, des antécédents et de la variabilité.
Signe d’appel : décrire l’observable (présent/absent, intensité, asymétrie, contexte).
Priorité : l’impact fonctionnel (alimentation, appuis, équilibre, coordinations, préhension, attention, participation).
Checklist d’observation rapide
Définir un point de départ reproductible (position, appuis, vigilance).
Utiliser un stimulus minimal et laisser une latence suffisante.
Réaliser jusqu’à 3 essais maximum, avec pauses si besoin.
Stop si pleurs, agitation marquée ou signes de saturation sensorielle.
Noter symétrie, modulation et transfert fonctionnel (ex. préhension, mise en charge).
Prématurité vs terme : adapter vos repères
Raisonner en âge corrigé pour les nourrissons nés prématurés. Auprès des enfants de moins de 1 an, j'évalue les manifestations grâce aux observations de la motricité spontanée ou libérée. Je ne teste pas directement les réflexes archaïques (c'est ce que je transmets dans la formation "approche sensorimotrice du nourrisson")
Attendre une variabilité croissante plutôt qu’une « disparition » stricte.
Documenter le contexte (fatigue, faim, médication) avant d’interpréter.
Tableau réflexes archaïques : nom, apparition, intégration, signes d’appel
Les 7 réflexes archaïques retenus
Moro, points cardinaux, succion-déglutition, grasping palmaire, grasping plantaire, marche automatique, RTAC.
Tableau des 7 réflexes : apparition, intégration habituelle, et signe d’appel Réflexe Apparition Intégration habituelle Signe d’appel Moro Fin de grossesse ou naissance Vers 4 à 6 mois Asymétrie, réponse très intense, ou persistance au-delà de l’âge attendu Points cardinaux (rooting) Naissance Vers 3 à 4 mois Recherche orale absente, ou maintien marqué avec hypersensibilité péri-orale Succion-déglutition In utero, puis naissance Se transforme en contrôle volontaire en quelques mois Difficultés d’alimentation, fatigabilité, coordination succion-déglutition instable Grasping palmaire Naissance Vers 4 à 6 mois Ouverture de main difficile, prise volontaire pauvre, ou asymétrie droite-gauche Grasping plantaire Naissance Vers 9 à 12 mois Appui plantaire peu disponible, ou crispation persistante gênant la mise en charge Marche automatique (stepping) Naissance Vers 1 à 2 mois Absence nette, asymétrie, ou réapparition stéréotypée hors contexte fonctionnel RTAC (tonique asymétrique du cou) Naissance Vers 4 à 6 mois Dominance posturale, difficulté de ligne médiane, ou dissociation ceinture scapulaire/ceinture pelvienne pauvre
Mode d’emploi du tableau
Notez la qualité de la réponse (modulable ou figée), l’asymétrie et le contexte (fatigue, faim, surcharge sensorielle). Reliez toujours à la fonction : préhension, stabilité, mise en charge, attention, participation. La combinaison persistance + asymétrie + gêne est plus informative qu’un âge isolé.
Comment les observer
Préparer l’environnement
Créer un cadre simple : installation stable, temps de latence suffisant et personne disponible. Éviter la faim et la surcharge sensorielle.
Procéder selon l’âge
Nourrisson : stimulations progressives. Laisser une marge d’auto-organisation.
Enfant : passer par le jeu. Revenir ensuite à une sollicitation ciblée. Des tests plus précis sont présentés en formation.
Adulte : rechercher des traces fonctionnelles (co-contraction, stratégies de protection, évitements).

Décrire avant d’interpréter
Pour chaque réflexe, fixez un point de départ clair et un stimulus minimal. Observez la réponse motrice, la respiration, le regard et la modulation tonique. Décrivez d’abord (présent/absent, symétrique/asymétrique, modulable/rigide), puis reliez au fonctionnement (préhension, stabilité proximale, tolérance au contact).
Quand orienter
En cas de doute, orientez vers un bilan adapté, en coordination avec le médecin traitant ou le pédiatre, et selon les besoins vers un kinésithérapeute, un ergothérapeute, un psychomotricien ou une orthophoniste. Pour un cadre de repérage des difficultés du neurodéveloppement, consultez la HAS. Pour des notions générales sur le développement de l’enfant, l’INSERM est un point d’entrée utile.
À orienter rapidement si régression récente, hypotonie ou hypertonie marquée, difficultés alimentaires sévères, asymétrie franche persistante, perte d’intérêt/du regard, convulsions ou mouvements anormaux aigus.
À surveiller si persistance au-delà des repères d’âge avec gêne fonctionnelle ou si inquiétude parentale durable.
Limites (à garder en tête)
Un tableau ne remplace ni un examen neurologique, ni un bilan standardisé, ni l’analyse de la participation. Certains réflexes sont difficiles à tester de façon fiable hors d’un cadre contrôlé. Un signe d’appel n’autorise pas, à lui seul, une conclusion sur une cause ou un pronostic. La formation affine l’observation clinique et le choix des situations thérapeutiques (formats présentiels et e-learning disponibles).
Sources
HAS — Repérage et recommandations utiles autour des troubles du neurodéveloppement
INSERM — Ressources de référence sur le développement et la santé
FAQ — Réflexes archaïques : questions fréquentes
Quels sont les 7 réflexes archaïques à connaître en repérage ?
Selon les écoles, la liste varie, mais un noyau pratique revient souvent : Moro, points cardinaux, succion-déglutition, grasping palmaire, grasping plantaire, marche automatique et RTAC. L’essentiel est de relier ces réponses à la posture, à la coordination et à la participation.
À quel âge un réflexe archaïque doit-il disparaître ?
On parle plutôt d’intégration. Une trace peut persister sans gêne. Pour interpréter, privilégiez la qualité, l’asymétrie, le contexte et l’impact sur les activités, plutôt qu’un âge isolé.
Peut-on encore observer des réflexes archaïques chez l’adulte ?
Chez l’adulte, un réflexe « pur » est rare. En revanche, des schémas de protection (orientation, sursaut, co-contraction) émergent parfois en contexte de stress, de douleur ou de surcharge sensorielle. Les repérer aide à fixer des objectifs concrets : variabilité, orientation, dissociation, tolérance au contact.
Quel lien faire entre réflexes archaïques et douleur chronique ?
La douleur chronique s’accompagne souvent de stratégies de protection (tonus élevé, respiration moins ample, vigilance accrue) qui réduisent la variabilité. Explorer certaines réponses d’orientation/protection peut aider à objectiver les évitements (mise en charge, rotations, mouvements rapides) et à construire une progression : exposition graduée, travail respiratoire, amélioration de la dissociation et du contrôle postural.
Conclusion
Ce tableau réflexes archaïques offre un repère opérationnel : apparition, intégration attendue et signes d’appel. Pour qu’il soit utile, rattachez vos constats à la fonction (participation, fatigabilité, asymétrie, contexte) et orientez sans délai en cas d’alerte.
Pour approfondir et comparer avec d’autres ressources, vous pouvez consulter également : intégration des réflexes archaïques — principes/praticien et réflexes archaïques et troubles des apprentissages.
Une question sur vos repères d’évaluation ou votre projet de formation ? Prenez rendez-vous pour échanger sur votre contexte et vos besoins.


