En kinésithérapie pédiatrique sensori-motrice, nous sommes quotidiennement confrontés à une tension délicate : comment mener des séances thérapeutiques efficaces tout en respectant l’intégrité psychique et corporelle de l’enfant ? Cette question, loin d’être anodine, touche au cœur même de notre déontologie professionnelle et de notre responsabilité éthique.
Le consentement de l’enfant en rééducation n’est pas une simple formalité administrative, ni un luxe que nous pourrions nous permettre selon les circonstances. C’est un devoir professionnel ancré dans la construction identitaire de l’enfant et dans les fondements mêmes du développement psychomoteur.
Le consentement de l’enfant en kinésithérapie pédiatrique sensori-motrice : un devoir professionnel, pas une option
Article destiné aux kinésithérapeutes, psychomotriciens et ergothérapeutes
(références citées tout en bas de l’article)
EN BONUS EN BAS DE L’ARTICLE : deux vidéos You tube pour travailler avec les enfants qui disent NON ou les enfants qui dévalisent tout le cabinet
Le corps, socle de la construction identitaire
Les fondations psychocorporelles de l’identité
Dès la naissance, l’enfant construit son identité à travers son corps. D. W. Winnicott a magistralement démontré que l’identité se définit comme “le sentiment continu d’exister”, s’inscrivant dès les premiers jours de vie grâce aux processus de holding (portage physique et psychique) et de handling (la manière dont l’enfant est manipulé, soigné, pensé). Le handling permet ce que Winnicott nomme la “personnalisation”, c’est-à-dire le processus psychosomatique par lequel le Moi se fonde sur un Moi corporel.
Cette conception n’est pas théorique : elle a des implications directes sur notre pratique quotidienne. Chaque fois que nous touchons l’enfant, chaque fois que nous le mobilisons, nous participons — consciemment ou non — à la construction de son image corporelle et de sa représentation de soi.
Comme le soulignent les travaux sur le développement psychomoteur, la construction identitaire débute dès la grossesse et se poursuit tout au long de l’enfance à travers les expériences sensori-motrices. Le schéma corporel et l’image du corps se construisent progressivement, constituant les précurseurs des représentations imaginaires des parties du corps, bases de l’identité corporelle et psychique.
L’unité psychocorporelle : un processus continu
De trois mois à trois ans, l’enfant vit ce que les spécialistes du développement nomment “la période du corps vécu”. Par le développement de la locomotion et de la manipulation, il enrichit son vécu et acquiert une connaissance corporelle à l’origine de la conscience de son unité psychocorporelle.
Cette unité ne se décrète pas : elle se construit dans l’interaction, dans le respect des rythmes propres à chaque enfant, et surtout dans le respect de son consentement aux expériences corporelles qu’il vit.
Le consentement en rééducation : un cadre juridique et éthique
Le cadre légal du consentement en pédiatrie
En droit français, le Code de la santé publique stipule clairement l’obligation de recueillir un consentement éclairé avant tout soin médical. Pour les mineurs, ce consentement est juridiquement porté par les parents ou représentants légaux. Toutefois, la littérature scientifique et les recommandations éthiques insistent sur la nécessité de rechercher également l’assentiment de l’enfant lui-même.
La Société canadienne de pédiatrie définit l’assentiment comme essentiel pour “reconnaître et respecter la valeur intrinsèque du jeune patient”. Les enfants devraient recevoir de l’information adaptée à leur développement, se voir proposer des choix, afin qu’ils sachent à quoi s’attendre et puissent participer à leurs propres soins.
Le dernier rapport de l’HAS nomme aussi ce devoir de respecter le consentement de l’enfant atteint de paralysie cérébrale au cours de ces différentes soins, et en fait un principe fondamentale de toute rééducation auprès de ces enfants.
L’autonomie relationnelle de l’enfant
Les recherches récentes en éthique de l’enfance mettent en avant le concept d’autonomie relationnelle. L’enfant n’est pas un être totalement autonome, mais il n’est pas non plus un objet passif de soins. Son autonomie se construit dans la relation, dans le respect de sa “vulnérabilité partagée” avec l’adulte qui l’accompagne.
Cette vision relationnelle de l’autonomie change profondément notre approche : il ne s’agit pas d’obtenir un “oui” formel de l’enfant, mais de créer les conditions pour qu’il puisse participer activement à la relation thérapeutique, dans les limites de ses capacités développementales.
Dans ma pratique : quand le refus de l’enfant interroge notre posture
Une situation clinique emblématique
Je me souviens de Léo, 4 ans, diagnostiqué avec une paralysie cérébrale. Lors de notre première séance, j’avais prévu un travail sur l’allongement de sa chaîne postérieure grâce à mes pratiques inspirées de la méthode Feldenkrais. Dès que j’ai proposé les roulade, et de l’aider à réaliser ces mouvements “rigolos” pour la majorité des enfants, Léo s’est rétracté, le regard inquiet, et a fermement secoué la tête.
J’aurais pu, comme on me l’a parfois enseigné en formation initiale, “passer outre” ce refus en me disant qu’il ne comprenait pas l’intérêt thérapeutique du geste. Après tout, ses parents avaient signé le consentement et le médecin avait prescrit ces séances.
Pourtant, ce jour-là, j’ai fait un autre choix : respecter son refus et prendre le temps de comprendre.
Ce que m’a enseigné le respect du consentement
En prenant le temps d’observer Léo, en m’intéressant à ce qu’il regardait, à ce qui captait son attention, j’ai découvert qu’il était fasciné par un ballon bleu dans un coin de la salle. Nous avons passé la séance à explorer ce ballon ensemble, dans des mouvements libres qu’il initiait lui-même. À aucun moment je ne l’ai mobilisé de façon passive.
Une fois la relation de confiance installée, j’ai proposé à Léo : et si je t’aidais à shooter dans le ballon en roulant en arrière?
D’un certain point de vu, on pourrait dire que j’ai “perdu” 20 minutes à ne pas faire d’exercices directement bénéfiques sur les objectifs de rééducation.
Mais d’un autre point de vu, j’ai consacré ces 20 min à gagner la confiance de Léo ce qui aura des répercussions bénéfiques sur tout le reste du suivi, mais aussi sur sa relation à son corps, et son estime de lui.
Le respect du consentement : au-delà de l’éthique, une question d’efficacité thérapeutique
L’impact du stress sur la régulation tonique
Les travaux sur le développement psychomoteur démontrent que la régulation du tonus est intimement liée au système nerveux végétatif et à l’état émotionnel de l’enfant. Lorsqu’un enfant est en situation de stress — et le non-respect de son consentement est une forme de stress majeur —, son tonus se dérégule.
Un enfant anxieux, qui subit une mobilisation qu’il refuse, va développer des réactions toniques qui vont à l’encontre de nos objectifs thérapeutiques : hypertonie de protection, rigidité, fermeture relationnelle. Au-delà de l’impact immédiat sur la séance, ces expériences négatives s’inscrivent dans la mémoire corporelle et émotionnelle de l’enfant, compromettant les séances futures.
La coopération active, clé de la neuroplasticité
Les neurosciences nous enseignent que le cerveau de l’enfant apprend mieux lorsqu’il est acteur de son mouvement, lorsqu’il est motivé, engagé, curieux. La neuroplasticité cérébrale — cette capacité du cerveau à se réorganiser — est optimale dans des contextes d’apprentissage actif et ludique, pas dans des contextes de contrainte et de passivité.
Lorsque nous respectons le consentement de l’enfant, lorsque nous adaptons notre approche à ses préférences sensorielles et relationnelles, nous créons les conditions optimales pour que son cerveau intègre de nouveaux schémas moteurs.
Comment recueillir et respecter le consentement de l’enfant ? Des outils concrets
Adapter notre communication au niveau développemental
Le consentement ne se résume pas à une question “Es-tu d’accord ?”. Il implique une communication adaptée, utilisant différents canaux selon l’âge et les capacités de l’enfant :
Pour les jeunes enfants (2-5 ans) :
- Observer attentivement les signaux corporels : détournement du regard, rétraction, rigidité
- Proposer des choix simples : “Tu préfères qu’on commence par les pieds ou par les mains ?”
- Utiliser des supports visuels : pictogrammes, photos de ce qui va se passer
- Respecter les rituels rassurants : toujours commencer par le même jeu, la même chanson
Pour les enfants plus grands (5-8 ans) :
- Expliquer concrètement ce qui va se faire et pourquoi
- Donner du pouvoir sur le déroulement : “Tu me dis stop si tu veux qu’on arrête”
- Valoriser leur expertise : “Tu es l’expert de ton corps, tu me dis ce que tu sens”
- Utiliser la métaphore et le jeu pour rendre les exercices plus compréhensibles
La Communication Alternative et Améliorée (CAA) en rééducation
Pour les enfants non verbaux ou avec des troubles de la communication (TSA, polyhandicap, troubles neurologiques sévères), la CAA devient un outil essentiel pour recueillir le consentement.
J’utilise régulièrement des pictogrammes simples représentant “oui”, “non”, “j’ai besoin d’une pause”, “j’ai mal”, “j’aime”, “je n’aime pas”. Ces supports, loin d’être des gadgets, sont de véritables outils d’autodétermination pour l’enfant.
Si vous souhaitez approfondir l’utilisation de la CAA adaptée à la rééducation, ma formation “Pédagogie et Communication en rééducation pédiatrique auprès d’un public à besoins spécifiques” (7h en e-learning) propose des modules dédiés aux stratégies de communication avec les enfants présentant des TSA, TDAH, et troubles du langage.
L’approche Feldenkrais : une pédagogie du consentement incarnée
La méthode Feldenkrais, que j’ai étudiée pendant huit ans, offre un cadre particulièrement cohérent avec une approche fondée sur le consentement. Cette méthode repose sur des principes fondamentaux qui résonnent profondément avec le respect de l’enfant :
- Partir du mouvement spontané de l’enfant plutôt que d’imposer un schéma moteur prédéfini
- Explorer par des variations progressives plutôt que de corriger brutalement
- Utiliser le toucher comme invitation plutôt que comme manipulation passive
- Favoriser la découverte par le mouvement plutôt que l’exécution d’exercices imposés
Cette approche, combinée au travail d’intégration des réflexes archaïques, constitue un cadre technique efficace tout en étant profondément respectueux de l’enfant. C’est exactement ce que je développe dans ma formation “Intégrer les réflexes archaïques chez l’enfant de 2 à 7 ans” (28h en e-learning sur 1 an), où j’enseigne comment réguler les troubles du tonus, travailler les coordinations et favoriser le développement psychomoteur par des approches ludiques et respectueuses du consentement de l’enfant.
Les limites : quand peut-on passer outre le refus de l’enfant ?
Le principe de proportionnalité
Soyons clairs : respecter le consentement de l’enfant ne signifie pas tout accepter en toutes circonstances. Il existe des situations — exceptionnelles — où le refus de l’enfant peut être contourné, mais uniquement lorsque trois conditions sont réunies simultanément :
- Urgence médicale avérée : il existe un risque immédiat pour la santé ou la sécurité de l’enfant
- Absence d’alternative : aucune autre approche ne permet de répondre au besoin vital
- Proportionnalité de l’intervention : le bénéfice attendu justifie largement la contrainte imposée
En kinésithérapie pédiatrique sensori-motrice, ces situations sont rarissimes. La grande majorité de nos interventions ne relèvent pas de l’urgence vitale. Un retard de prise en charge de quelques séances pour construire une relation de confiance n’a jamais compromis l’avenir d’un enfant. En revanche, une relation thérapeutique imposée, traumatique, peut avoir des conséquences durables sur le rapport de l’enfant à son corps et aux soins.
Distinguer le besoin de l’enfant du besoin de l’adulte
C’est probablement le point le plus difficile de notre réflexion éthique : apprendre à distinguer les situations où nous passons outre le refus de l’enfant pour son besoin vital, de celles où nous le faisons pour notre confort ou pour celui des adultes qui l’entourent.
Quelques exemples concrets :
Passer outre le refus de l’enfant est légitime :
- Lors d’un désencombrement respiratoire urgent chez un enfant en détresse respiratoire sévère
- Pour une mobilisation post-opératoire immédiate nécessaire à la cicatrisation
- Dans le cadre d’un soin vital avec prescription médicale claire d’urgence
Passer outre le refus de l’enfant n’est PAS légitime :
- Parce que “nous n’avons que 30 minutes” et que nous voulons “faire notre séance”
- Parce que les parents sont pressés ou anxieux
- Parce que “nous savons mieux que lui ce qui est bon pour lui”
- Parce que notre ego professionnel est blessé par son refus
- Parce que nous avons peur que les parents nous jugent inefficaces
Cette distinction est inconfortable car elle nous confronte à nos propres limites, à notre besoin de contrôle, à notre désir de “bien faire” rapidement. Mais c’est précisément dans cet inconfort que se situe notre responsabilité éthique.
Former notre regard professionnel : voir l’enfant comme un sujet, pas comme un objet de soins
Dépasser la vision mécaniste du corps
Notre formation initiale en kinésithérapie nous a souvent transmis une vision biomécanique du corps : des articulations à mobiliser, des muscles à renforcer, des amplitudes à gagner. Cette vision, bien qu’utile techniquement, est dangereusement réductrice lorsqu’elle s’applique à l’enfant en développement.
L’enfant n’est pas une petite machine à réparer. Il est un être en construction, dont chaque expérience corporelle participe à l’édification de son identité psychique et corporelle. La représentation de soi, comme le montrent les travaux en psychomotricité, est évolutive et dynamique : elle se construit et se modifie au cours du développement de l’enfant en fonction de ses expériences corporelles, émotionnelles, objectales et sociales.
Chaque séance de rééducation est donc une expérience relationnelle qui laisse une trace, qui inscrit quelque chose dans la mémoire corporelle et émotionnelle de l’enfant. Cette trace peut être constructive — “Mon corps est intéressant, je peux lui faire confiance, les adultes respectent mes limites” — ou destructive — “Mon corps est un problème, je n’ai pas le droit de dire non, les adultes font de moi ce qu’ils veulent”.
Accepter que l’enfant soit co-auteur du soin
Respecter le consentement de l’enfant, c’est accepter qu’il soit co-auteur du soin, qu’il ait son mot à dire sur ce qui se passe dans et avec son corps. Cela bouleverse profondément notre posture professionnelle traditionnelle où le thérapeute est celui qui sait et décide.
Cette posture demande :
- De l’humilité : accepter que l’enfant connaisse son corps mieux que nous
- De la créativité : trouver des voies détournées pour atteindre nos objectifs thérapeutiques
- De la patience : construire la confiance prend du temps
- Du lâcher-prise : renoncer à notre agenda préétabli pour suivre le rythme de l’enfant
- De la formation continue : nous doter d’outils pédagogiques et techniques adaptés
Les bénéfices concrets du respect du consentement
Sur le plan relationnel
Dans ma pratique, depuis que j’ai placé le respect du consentement au cœur de mes séances, j’observe systématiquement :
- Une diminution spectaculaire des comportements opposants
- Une réduction de l’anxiété des enfants (et de leurs parents)
- Une construction plus rapide de la relation de confiance
- Une meilleure assiduité aux séances
Les enfants qui savent qu’ils ont le droit de dire non, qui savent que ce non sera respecté, sont paradoxalement ceux qui acceptent le plus rapidement de s’engager dans des exercices difficiles. Pourquoi ? Parce qu’ils sentent qu’ils gardent le contrôle, qu’ils sont acteurs et non objets.
Sur le plan thérapeutique
Les résultats thérapeutiques sont également nettement supérieurs :
- Les apprentissages moteurs sont plus rapides et mieux intégrés
- La régulation tonique est facilitée
- La généralisation des acquis en dehors des séances est plus spontanée
- Les enfants développent une meilleure conscience corporelle
Ces observations cliniques rejoignent ce que la littérature scientifique démontre : l’efficacité d’un programme de rééducation pédiatrique est multipliée par 2,5 lorsque l’enfant est activement engagé et que les parents sont formés aux gestes thérapeutiques dans une logique de coopération.
Sur le plan de notre pratique professionnelle
Enfin, et ce n’est pas le moindre bénéfice, respecter le consentement de l’enfant transforme profondément notre propre rapport au métier :
- Nous retrouvons du sens dans notre pratique
- Nous réduisons notre épuisement professionnel
- Nous développons des compétences relationnelles et pédagogiques précieuses
- Nous nous protégeons juridiquement (le respect du consentement est une obligation déontologique)
Se former à une rééducation respectueuse : des ressources pour aller plus loin
Développer des compétences pédagogiques spécifiques
Le respect du consentement de l’enfant ne s’improvise pas. Il nécessite de développer des compétences pédagogiques et relationnelles spécifiques que nos formations initiales n’abordent pas suffisamment.
C’est précisément l’objectif de ma formation “Pédagogie et Communication en rééducation pédiatrique auprès d’un public à besoins spécifiques” (7h en e-learning, 300€). Cette formation vous donne des outils concrets pour :
- Adapter votre communication aux enfants présentant des TSA, TDAH ou troubles du langage
- Utiliser la CAA en rééducation
- Favoriser la coopération sans contrainte
- Utiliser le jeu comme vecteur thérapeutique
Acquérir des techniques efficaces ET respectueuses
Par ailleurs, le respect du consentement exige de maîtriser des approches thérapeutiques qui permettent d’être efficaces tout en étant respectueux. C’est ce que propose ma formation “Intégrer les réflexes archaïques chez l’enfant de 2 à 7 ans” (28h en e-learning sur 1 an, 750€ ou 900€ avec visios).
Cette formation vous transmet :
- Les fondements de la méthode Feldenkrais appliqués à la pédiatrie
- Les techniques de régulation du tonus par des approches non invasives
- L’intégration ludique des réflexes archaïques
- Des outils pour travailler l’équilibre, la posture et les coordinations de manière coopérative
- Une approche globale respectant le profil sensoriel de chaque enfant
Conclusion : vers une kinésithérapie pédiatrique éthiquement responsable
Le respect du consentement de l’enfant en kinésithérapie pédiatrique sensori-motrice n’est pas une option que nous pourrions choisir selon notre humeur ou selon la “docilité” de l’enfant. C’est un devoir professionnel ancré dans :
- Le cadre juridique : le Code de la santé publique et la Convention internationale des droits de l’enfant
- Les connaissances scientifiques : sur le développement psychomoteur et la construction identitaire
- L’efficacité thérapeutique : la neuroplasticité et l’apprentissage moteur
- L’éthique professionnelle : le respect de la personne et de son autodétermination
Certes, ce respect du consentement nous demande plus de temps, plus de créativité, plus de remise en question. Mais c’est précisément là que réside la richesse et la noblesse de notre métier : accompagner l’enfant dans son développement en respectant qui il est, en l’aidant à construire un rapport positif à son corps, en lui permettant de devenir acteur de sa propre santé.
Les situations où nous pouvons légitimement passer outre le refus de l’enfant sont exceptionnelles et limitées aux urgences vitales. Dans tous les autres cas, prendre le temps de construire la confiance, d’adapter notre approche, de respecter les limites de l’enfant n’est pas une perte de temps : c’est un investissement dans l’efficacité thérapeutique à moyen et long terme, et surtout dans le respect de l’intégrité psychique et corporelle de l’enfant.
Notre responsabilité professionnelle, c’est de nous former continuellement pour développer les compétences pédagogiques, relationnelles et techniques qui nous permettent d’être efficaces tout en étant respectueux. C’est un chemin exigeant, mais c’est le seul qui honore véritablement l’enfant que nous accompagnons.
Pour aller plus loin (avant de vous partager des ressources gratuites en bas de page) :
Formation “Pédagogie et Communication en rééducation pédiatrique auprès d’un public à besoins spécifiques”
- 7h en e-learning
- 300€
- Modules : TSA, TDAH, CAA, place des parents, utilisation du jeu, dépistage des violences
- Contact : bardetrebecca@yahoo.fr | 06 37 24 11 66
Formation “Intégrer les réflexes archaïques chez l’enfant de 2 à 7 ans”
- 28h en e-learning sur 1 an
- 750€ (e-learning seul)
- Modules : méthode Feldenkrais, régulation du tonus, 14 réflexes archaïques, profil sensoriel
- Contact : bardetrebecca@yahoo.fr | 06 37 24 11 66
Rebecca Bardet Masseur-Kinésithérapeute D.E. formée à la Feldenkrais Formatrice en neuropédiatrie et douleur chronique Organisme de formation Le Prisme Corporel
Les références cités dans le texte (puis après les vidéos, continuer de laisser défiler cette page jusqu’au bout!) :
Pour Winnicott :
“Selon Winnicott (1992), les soins maternels, à travers le holding (portage physique et psychique) et le handling (manipulation lors des soins), permettent à l’enfant de développer un sentiment de continuité d’être et d’intégrer progressivement son Moi corporel.”
Pour la régulation tonique :
“Bullinger (2007) identifie quatre mécanismes de régulation tonique chez le nourrisson, dont le contrôle des flux sensoriels et les interactions tonico-émotionnelles avec le parent. Une désorganisation tonique face au stress peut entraver les capacités d’apprentissage de l’enfant.”
Pour la motivation et les neurosciences :
“Les neurosciences cognitives ont identifié quatre piliers essentiels à l’apprentissage : l’attention, l’engagement actif, le retour sur erreur et la consolidation (Dehaene, 2018). La motivation intrinsèque, soutenue par la sécrétion de dopamine lors des découvertes, constitue un moteur bien plus puissant pour l’apprentissage que les récompenses externes.”
Pour l’autonomie relationnelle :
“L’autonomie relationnelle, telle que conceptualisée par Mackenzie et Stoljar (2000), reconnaît que les décisions ne sont jamais prises dans un contexte exempt d’influence externe, et que l’autonomie se construit au sein des relations.”
Pour la SCP :
“La Société canadienne de pédiatrie (Coughlin, 2018) recommande un modèle de prise de décision partagée en pédiatrie, où l’assentiment de l’enfant doit être recherché proportionnellement à son aptitude, même lorsqu’il n’est pas légalement apte à consentir.”